Qu’est ce qu’un chanoine ?

Un religieux prêtre ou clerc vivant en communauté, sous la Règle de saint Augustin, et rattaché à une Abbaye, un monastère ou une église. Sa vie s’articule en principe suivant un triptyque :
- une vie commune dans la Charité où chacun renonce à ses biens pour servir Dieu et ses frères plus librement.
- la prière liturgique, le chant des psaumes et le Sacrifice eucharistique.
- l’apostolat, fécondé par cette prière et fortifié par le don total de soi que permet la vie commune, dans la charité et la pauvreté.

En 1984, Jean-Paul II rappelait cette charge de tradition immémoriale en s’adressant aux chanoines réguliers confédérés : « Vous êtes chargés, en tant que chanoines, du culte divin solennel de l’Eglise, qui consiste principalement dans la célébration chorale de la liturgie des Heures et de l’Eucharistie, vous souvenant que la liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Eglise et, en même temps, la source d’où découle toute sa force. »

Chargés de la prière officielle de l’Eglise, les chanoines réguliers voient en elle la source inépuisable et puissante de leur oraison, de leur contemplation et de leur apostolat.

Quelques dates d’histoire canoniale

- Ier siècle à Jérusalem : « la vie apostolique » - Vita apostolica - dont parlent les Actes des Apôtres (cf. Ac 2, 42-47 et Ac 4, 32-33), vie commune, pauvre, contemplative et missionnaire, est le grand modèle de la vie canoniale.
- Vers 397 : Saint Augustin écrit la Règle que suivront les chanoines. Jusqu’au XIe siècle, la « vie canoniale » est la norme recommandée par les Papes, les Evêques et les conciles, pour le clergé. Souvent en vain...
- VIIIe-XIème : les chanoines réguliers se distinguent plus nettement des moines (par le sacerdoce et l’apostolat) et des prêtres séculiers (par la pauvreté et la vie commune). La "réforme grégorienne" s’appuiera beaucoup sur les chanoines réguliers pour réformer le clergé et les chapitres collégiaux, ainsi que pour l’apostolat.
-  XIIème : l’aube de la chrétienté, le siècle des chanoines
Les fondations canoniales se multiplient (Saint-Ruf, Arrouaise, Saint-Victor, Prémontré...). Les vocations affluent dans les 2500 maisons dont l’Ordre canonial couvre la chrétienté naissante. L’influence spirituelle et sociale des chanoines est considérable.
-  XVème : Thomas a Kempis, chanoine régulier de Windesheim, est l’auteur très probable de l’Imitation de Jésus-Christ, le livre le plus lu et traduit après la Bible.
- XVIIème : Saint Pierre Fourier, la Bienheureuse Alix Le Clerc, le Bienheureux Alain de Solminihac et le Cardinal de la Rochefoucauld fondent quatre congrégations canoniales en France.
- 1789 : la France compte plus de 200 abbayes de chanoines réguliers et des milliers de collégiales desservant d’innombrables paroisses.
- XXème : Plusieurs congrégations canoniales naissent ou renaissent en France.