Brève histoire canoniale quelques dates et quelques saints

L’Ordre canonial a donné à l’Eglise dix papes, plus de quatre-vingt saints et bienheureux, des centaines de milliers de religieux et de religieuses. Ses dizaines de milliers d’Abbayes, de prieurés, de collégiales ont couvert l’Europe entière depuis 1600 ans, rayonnant sur les humbles et sur les puissants.

En 1789 par exemple, la France comptait plus de cent abbayes de chanoines.

 

Pourtant, en France du moins, l’Ordre canonial est aujourd’hui peu connu. Pourquoi un tel oubli ? Nous y voyons trois causes.

Tout d’abord, répartis en de nombreuses congrégations indépendantes, les chanoines réguliers n’ont jamais donné l’impression d’un seul Ordre, centralisé et monolithique.

Ensuite, voués pour la plupart à un apostolat de proximité (paroisses, collégiales) leur influence fut souvent celle du levain dans la pâte : profonde mais discrète.

Enfin, la « Réforme » protestante puis la Révolution « française » décapitèrent l’Ordre canonial plus que les autres. Certaines congrégations ne s’en sont jamais relevées et les historiens faisant connaître cet Ordre ont longtemps manqué. Ainsi le grand public français a oublié quelque peu les chanoines ou les a confondus avec les moines.

Pourtant la richesse du passé canonial et la beauté de la vie augustinienne préparent aujourd’hui un renouveau qui mérite attention.

A l’image de la grande variété des Familles canoniales, les saints de l’Ordre canonial présentent une admirable diversité. Mais ils ont souvent en commun la ferveur pour la sainte Eucharistie, l’amour de la Sainte Vierge et la charité fraternelle.

Nous vous en présentons quelques-uns à travers cette brève chronologie:

 

 

  • Ier siècle à Jérusalem : « la vie apostolique » dont parlent les Actes des Apôtres (cf. Ac 2, 42-47 et Ac 4,32-33) commune, pauvre, contemplative et missionnaire est le grand modèle de la vie canoniale.

 

  • Vers 397: Saint Augustin écrit la Règle que suivront les chanoines. Jusqu’au XIe siècle la « vie canoniale » est la norme recommandée par les Papes, les Evêques et les conciles pour les prêtres, hélas parfois en vain…

 

  • VIIIe-XIe : les chanoines réguliers se distinguent plus nettement des moines (par le sacerdoce et l’apostolat) et des prêtres séculiers (par la pauvreté et la vie commune).

 

  • XIIe siècle : l’aube de la chrétienté : le siècle des chanoines : Les fondations canoniales se multiplient Saint-Ruf, Arrouaise, Saint-Victor, Prémontré…). Les vocations affluent dans les 2.500 maisons dont l’Ordre canonial couvre la chrétienté naissante. L’influence spirituelle et sociale des chanoines est considérable.

Saint Norbert (+1134), fondateur de Prémontré et Archevêque de Magdebourg, le saint de l’Eucharistie. Ce célèbre « prince du Nord » installa son Ordre sur le pré que lui avait montré le Ciel, près de Laon. Sa méditation enflammée, sa vertu célèbre et sa détermination dans les épreuves entrainèrent à sa suite de nombreuses âmes. Ami intime de Saint Bernard, il est connu pour sa vénération envers la sainte Eucharistie et le soin qu’il accordait à la splendeur de la liturgie.

On ne peut oublier saint Bruno, fondateur des Chartreux, saint Dominique, Père des « Prêcheurs » et le Franciscain saint Antoine de Padoue, qui furent d’abord Chanoines Réguliers.

 

  • XIIIe siècle : La figure du Bx Hermann-Joseph (+1233) réclame une attention particulière. Une nuit, ce chanoine Prémontré de Steinfeld (Cologne), vit deux anges l’amener à la Vierge trônant dans l’église. Notre-Dame le prit pour époux, lui glissant au doigt un anneau mystique… On ne compte pas les faveurs extraordinaires dont il bénéficia dans sa vie humble et souffrante, et les miracles survenus après sa mort.

 

  • XVe siècle: Thomas a Kempis, chanoine régulier de Windesheim, est l’auteur très probable de l’Imitation de Jésus-Christ.

 

  • XVIIe siècle : Saint Pierre Fourier, la Bienheureuse Alix Le Clerc, le Bienheureux Alain de Solminihac et le Cardinal de la Rochefoucauld fondent quatre congrégations canoniales en France.

 

  • 1789: la France compte une centaine d’abbayes de chanoines réguliers et des milliers de collégiales desservant d’innombrables paroisses.

 

  • XIXe siècle : Charles Balley (+1817), modèle du S. curé d’Ars, fut Chanoine Régulier de Sainte Geneviève, chassé de son couvent et de sa paroisse lors de la Révolution. Il eut l’abbé Jean-Marie Vianney pour vicaire, qui a dit de lui : « J’ai vu de belles âmes, mais pas de plus belles… ».

 

  • XXe siècle : Mère Yvonne-Aimée de Jésus (+1951), Supérieure générale des Chanoinesses Régulières hospitalières à Malestroit en Bretagne. Elle déploya une activité considérable au cours d’une vie semée d’un nombre de miracles presque incalculable. Mère Yvonne-Aimée suscita un renouveau canonial par son dynamisme et son incontestable sainteté. De fait plusieurs congrégations canoniales naissent ou renaissent en France. Prions pour que cette sainte chanoinesse, française et contemporaine, soit vite vénérée sur les autels !

Bx Maurice Tornay, Chanoine du Grand-Saint-Bernard. Missionnaire au Tibet, il fut martyrisé en haine de la foi.

Le Père Werenfried von Straatten, Prémontré et directeur de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), œuvre missionnaire et caritative de dimension mondiale a déployé toute son énergie pour venir en aide aux pauvres.

 

 

Ne concluons que par un mot : si notre brève liste est incomplète pour le passé, gageons qu’elle s’allongera encore beaucoup à l’avenir ! Nous y travaillons, c’est promis !!